Qu’est-ce que le progressisme?

Alors que l’idée de marier le NPD et le PLC continue d’agiter les esprits (voir Hébert, GagnonSalutin, Browne et Lang, Gardner, Spector, Noiles, Delacourt), il faudrait se demander si les deux prétendants ont quoi que ce soit en commun. Alex Himelfarb s’interroge donc sur la nature même des valeurs progressives.

C’est une bonne question. Après l’échec de la collectivisation marxiste et après l’abandon des grands programmes de nationalisation par les socio-démocrates, que reste-t-il des idées progressistes? Quelle est la substantificque moëlle de la gauche?

Les deux principes de formulés par John Rawls (1971) peuvent servir de base à un libéralisme de gauche. Dans cette optique, les progressistes doivent d’abord lutter pour les droits de la personne, mais aussi pour l’égalité sociale et économique. Ils ne tolèrent les inégalités que dans la mesure ou elles servent l’intérêt des plus désavantagés, et lorsqu’elles sont liées à des postes ouverts à tous.

Par opposition à cette définition abstraite, le philosophe Peter Singer évoque la mémoire « de la personne la plus remarquable qu’il ait rencontré », le militant Henry Spira.

Spira a participé à toutes les luttes qui se sont présentées à lui. Il a défendu le peuple des bidonvilles du Panama; il s’est battu pour assainir les moeurs du syndicat de la marine marchande américaine; il a lutté pour les droits civils des Afro-Américains et pour renverser la dictature de Batista à Cuba. Il a enseigné aux enfants des ghettos new yorkais puis devint l’un des principaux activistes du mouvement de libération animale aux États-Unis.

Lorsque Singer lui demanda d’expliquer ce demi-siècle de dévouement à des causes aussi différentes…

… he said simply that he is on the side of the weak, not the powerful; of the oppressed, not the oppressor; of the ridden, not the rider.  And he talks about the vast quantity of  pain and suffering that exists in our universe, and of his desire to do something to reduce it. That, I think, is what the left is about. (Singer, 1999: 8).

Cette réponse est aussi valable qu’éloquente. Que l’on soit un partisan du Waffle, un libéral de gauche ou un red tory n’est pas important. Que l’on adopte la théorie rawlsienne, utilitariste ou la théologie de la libération importe peu. Les progressistes ne sont pas unis par la une quelconque pureté idéologique mais par une valeur centrale, l’action politique en faveur des exclus et des plus démunis.

Si  une union entre le NPD et le Parti libéral peut être envisagé, ce ne peut être que sur cette base.

Sources

  • Rawls, John. (1971). Théorie de la justice. Paris: Seuil.
  • Singer, Peter. (1999). A Darwinian left: Politics, evolution and cooperation. New Haven: Yale University Press.

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