Approfondir les relations indo-canadiennes

Je sors à peine d’une conférence sur l’Inde organisée par le Centre sur les défis mondiaux.  Glendon recevait un grand érudit et diplomate, le Dr David M. Malone, qui a représenté le Canada auprès de l’ONU, a servi comme Haut-Commissaire en Inde et qui dirige actuellement le CRDI.

De quoi a-t-il été question? L’auditoire a pu entendre une courte revue de l’histoire du sous-continent et de sa politique étrangère depuis l’indépendance.  L’ancien Haut-Commissaire a aussi rappelé  le froid dans les  relations indo-canadiennes  suite aux tests nucléaires de Pokhran (1974).  L’Inde a perçu l’arme nucléaire comme une nécessité stratégique après ses défaites humiliantes aux mains de la Chine (1962) et du Pakistan (1965). À cette époque Ottawa qui se faisait le champion de la non-prolifération et s’est hérissée devant la politique de New Delhi.

Ce débat est-il moins pertinent aujourd’hui? En tout cas, le Dr Malone a démontré que le Canada a tout à gagner en développant des relations plus serrées avec une Inde en plein essor. C’est d’abord une question de diversification des échanges commerciaux. Il s’agit de réduire notre dépendance par rapport aux États-Unis et de développer des partenariats avec un pays qui connaît une expansion économique remarquable.

En même temps, l’Inde est le pays émergent qui nous ressemble le plus. Nous partageons des valeurs démocratique, un système fédéral et parlementaire et l’usage de la langue anglaise.  Il y a aussi des affinités culturelles. La communauté indienne du Canada est, toutes proportions gardées, la plus importance du monde. Les auteurs indo-canadiens sont populaires (Rohinto Mistry, Anita Rau Badami, Shauna Singh Baldwin, Anosh Irani, M.G. Vassanji, Jaspreet Singh) d’un côté comme de l’autre, et le Festival international des films de Toronto (TIFF) a été la première manifestation de ce genre à faire place à l’abondante production de Bollywood.

Nos voisins Américains ont rapidement voulu tirer avantage de la nouvelle prospérité indienne, et les échanges entre les deux pays se se sont élargis et approfondis depuis les années 2000.  Dans ce contexte compétitif, qu’est-ce que le Canada peut offrir pour appâter le partenaire indien?

Malone croit que les États-Unis vont rester une priorité, mais que le Canada peut faire de belles avancées s’il se présente comme membre de l’ALÉNA et comme tremplin vers le reste de l’Amérique du Nord.  L’abondance de nos ressources naturelles est aussi un atout, dans un contexte où la classe moyenne indienne est en pleine expansion et modifie ses habitudes de consommation. Finalement, nos partenaires indiens on un préjugé favorable à l’égard du Canada et de son modèle social, lequel permet à la communauté indo-canadienne de s’épanouir tout en s’intégrant au pays.

Le Asian Television Network a couvert l’événement et nous le rendrons bientôt disponible sur le site web du Centre.

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