Élections municipales à Toronto: les enjeux francophones

Les principaux candidats au poste de maire: Karen Stintz, John Tory, Olivia Chow, David Soknacki, Rob Ford

Quoi qu’on pense des dernières controverses suscitées par le Maire Rob Ford, elles ont le mérite de rappeller qu’il y aura des élections municipales à Toronto cet automne. En choisissant les élus municipaux, nous adoptons des politiques qui touchent directement tous les aspects de notre vie quotidienne: la qualité de l’air et de l’eau courante, les routes et rames de métro que nous empruntons à tous les jours, le logement à prix modique, les garderies de nos enfants, les foyers pour nos aînés, nos installations culturelles et récréatives, le rôle de la police, des pompiers et des ambulanciers pour assurer notre protection.

Les décisions de la Mairie affecteront aussi la communauté franco-torontoise. Par exemple:

  • Les candidats peuvent-il s’exprimer en français?
  • Est-ce que leur personnel pourra communiquer avec nous dans notre langue?
  • Participent-ils aux activités de nos organismes communautaires?
  • Que pensent-ils du Sous-comité francophone du Conseil municipal?
  • Est-ce qu’ils sont favorables à la traduction en français des plus importants documents municipaux ?
  • Comptent-ils appuyer les immigrants francophones qui s’établissent à Toronto?
  • Sont-ils en faveur d’une contribution de la ville au projet de Maison de la francophonie?
  • Est-ce qu’ils appuient la création d’un programme pour les arts francophones au Toronto Arts Council?

 

L’ACFO-Toronto nous convie à une consultation publique pour discuter de ces enjeux. L’événement a lieu ce dimanche le 4 mai, de 12h à 14h, à la Salle des cartes (Map Room) de Hart House, sur le campus de l’Université de Toronto. La première partie de ces échanges sera diffusée en direct sur les ondes de CIUT (89.5 FM) dans le cadre de l’émission Pot-Pourri animée par Éric Calder. Il y a aura même des prix de participation, incluant un alléchant repas pour deux au Bistro Sauvignon ou au nouveau restaurant La Créole.

Le président de l’ACFO-Toronto, Gilles Marchildon, consultera la communauté sur la stratégie de l’ACFO-Toronto en vue des élections municipales du 27 octobre. En effet, le lobby politique des 125 000 francophones du Grand Toronto s’apprête à faire parvenir un questionnaire aux plus de 200 candidats en lice pour les postes de maire et de conseiller municipal. Les réponses de tous les candidats seront compilées et une note d’ensemble (allant de A+ à F) sera attribuée à chacun. Ces résultats seront diffusés sur le site web de l’ACFO-Toronto et de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Ils seront aussi communiqués aux médias locaux.

Cet exercice permettra d’informer la classe politique locale sur les enjeux francophones et d’aider les membres de notre communauté à faire un choix éclairé lors des élections municipales.

L’ACFO-Toronto m’a demandé d’agir à titre de politologue consultant sur ce dossier, ce qui m’a donné l’occasion de préparer l’ébauche des documents qui seront discutés ce dimanche. Voici un avant-goût, pour vous donner envie de participer et pour préparer votre contribution à cette consultation publique.


 

LETTRE À L’INTENTION DES CANDIDATS

Cher Mr. Untel

En vue des élections municipales du 27 octobre, nous aimerions mieux connaitre vos positions sur certains enjeux qui touchent notre communauté.

Saviez-vous qu’il y a près de 60 000 Francophones à Toronto et que plus de 1,2 millions de Torontois savent parler français? Saviez-vous que notre ville est le siège de la communauté francophone minoritaire connaissant le plus important essor démographique au Canada?

La Ville de Toronto compte des centaines d’institutions publiques, d’organismes communautaires et d’entreprises francophones. Ces forces vives sont particulièrement actives dans les domaines :

  •  de l’éducation (Conseils scolaires Viamonde et CSDCCS, Toronto French School, Collège Boréal, Collège universitaire Glendon, Collège la Cité, départements d’études françaises de UofT, Ryerson et York, etc.) ;
  • de la santé et des services sociaux (Centre francophone, Entités de planification RIFSSSO, Pavillon Omer-Deslauriers, Action positive, Centres d’Accueils Héritage, etc.) ;
  • de la culture et des médias (Alliance française, Cinéfranco, Théâtre français de Toronto, Franco-Fête, Festival Kompa-Zouk, Salon du livre, Éditions du GREF, le Laboratoire d’Art, TFO, Radio-Canada, L’Express, Le Métropolitain, etc.) ;
  • du secteur public (Office des Affaires francophones, Commissariat aux Services en français de l’Ontario, ACFO-Toronto, Maison du Québec, Consulat de France).
  • des affaires (Club Canadien, RDÉE Ontario, Passerelle-I.D.É., Chambre de commerce française à Toronto, restaurants et pâtisseries, etc.).

Cette vitalité n’est pas nouvelle puisque Samuel de Champlain explorait la région il y a déjà 400 ans, que Fort Toronto a été fondé par des Français en 1750, et que le premier européen à s’établir à Toronto en 1791 était le Français Jean-Baptiste Rousseaux.

Le rôle historique et honorable du français est reconnu par la Constitution, qui fait du Canada un pays bilingue, ainsi que par la loi ontarienne sur les services en français, qui fait de notre ville l’une des régions désignée bilingue. De plus, Toronto est la capitale d’une province dont les systèmes judiciaire et éducatif sont officiellement bilingues.

Les Francophones de Toronto contribuent à la prospérité de la ville en payant annuellement plus de 190 millions $ en taxes municipale et en fournissant un entrepreneuriat et une main d’œuvre qualifiée et bilingue dans les secteurs clés de l’administration publique, de l’éducation, de la culture et de la finance.

L’Association des communautés francophones de l’Ontario à Toronto (ACFO-Toronto) est la voix politique de ces 60 000 Francophones de Toronto depuis 41 ans. Elle collabore avec toutes les forces vives de la communauté locale et fait partie de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) qui regroupe et représente les 611 000 Francophones de la province.

Afin d’aider les Francophones de Toronto à faire un choix éclairé lors des élections municipales, nous cherchons à faire connaitre les positions des candidats sur quelques enjeux centraux pour la communauté. Auriez-vous l’obligeance de remplir le bref questionnaire ci-joint et de nous le retourner par courriel (francophone.toronto@gmail.com) avant le premier juillet ?

Les réponses de tous les candidats seront compilées et une note d’ensemble (allant de A+ à F) sera attribuée à chacun. Ces résultats seront largement diffusés sur notre site web et communiqués aux médias locaux (Radio-Canada, TFO, LeMétropolitain, L’Express de Toronto, Choq-FM, etc.). L’exercice est supervisé par un politologue de l’Université York, le Dr Alexandre Brassard, qui en assurera la rigueur.

Nous vous remercions à l’avance pour vos réponses aux Francophones de Toronto et vous souhaitons les meilleures chances lors des élections municipales du 27 octobre.

Le président de l’ACFO-Toronto.

Gilles Marchildon


QUESTIONNAIRE À L’INTENTION DES CANDIDATS

 

1. Langues du candidat

Etes-vous capable de communiquer avec les Francophones de Toronto dans leur langue ? Par exemple, pouvez-vous donner une entrevue télévisée en français? Oui [], Non []. Commentaire :

 

2. Personnel bilingue

Si vous êtes élu, embaucherez-vous un directeur des communications (ou un adjoint de circonscription) qui peut communiquer avec les Francophones de Toronto dans leur langue? Oui [], Non []. Commentaire :

 

3. Engagement avec la communauté

La Ville de Toronto compte des centaines d’institutions publiques, d’organismes communautaires et d’entreprises privées francophones. Nos organismes ont besoin de l’appui et de l’engagement actif de leurs élus municipaux.

Avez-vous déjà assisté à au moins une activité d’un organisme francophone ou rencontré au moins un leader d’organisme francophone?  Oui [], Non []. Commentaire :

 

4. Représentation à l’Hôtel de Ville

Après 30 ans d’existence, le Comité français de la ville de Toronto (CFVT) a été aboli par décision du Maire en 2011. Avec la disparition du CFVT, la communauté perdait sa voix à l’Hôtel de Ville. Elle ne pouvait plus être consultée sur les services en français qui sont financés par la province mais qui sont fournis par la ville de Toronto.

En décembre 2013, le Conseil municipal s’est doté d’un nouveau sous-comité consultatif francophone. C’est un pas dans la bonne direction, mais le sous-comité servira surtout à suivre les activités de Toronto au sein de l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO). Pour que les Francophones de Toronto soient efficacement représentés, le sous-comité devra être maintenu par le prochain Conseil municipal, son mandat devrait être élargi et ses réunions devraient être plus fréquentes.

Appuyez-vous le maintien du sous-comité consultatif francophone et l’élargissement de son mandat ? Oui [], Non []. Commentaire :

 

5. Traduction française des documents municipaux essentiels

La Ville de Toronto ne diffuse en français qu’une infime proportion de ses documents d’information, ses formulaires et son contenu web. Ainsi, les Francophones de Toronto n’ont accès à aucune ressource dans leur langue sur des sujets aussi important que la participation aux élections municipales, la santé publique, le logement social, le paiement des taxes ou des contraventions, les procédures et formulaires du Provincial Offences Court et du Toronto Licensing Tribunal.

Appuyez-vous la traduction en français des plus importants documents municipaux touchant les services les plus essentiels pour les citoyens ?  Oui [], Non []. Commentaire :

 

6. Immigration francophone

Plus de 18 000 immigrants francophones se sont établis à Toronto ces 15 dernières années et ce nombre continue de croitre. La province a récemment adopté une cible de 5% d’immigration francophone en Ontario et Toronto attire la majorité de ces nouveaux venus. Cela permet à notre communauté de se diversifier, de grandir et d’obtenir plus de services en français.

Malheureusement, le taux de chômage chez ces immigrants est trois fois plus élevé que chez les autres Torontois. De plus, les immigrants francophones qui trouvent du travail ici gagnent en moyenne 18 000 $ de moins par année que les immigrants non-francophones.

Pour pallier ce problème, plusieurs organismes francophones (RDÉE Ontario, Centre francophone, Passerelle-I.D.É, Collège Boréal, etc.) gèrent des programmes qui visent l’intégration économique des immigrants francophones à Toronto. Pour l’instant, la ville contribue indirectement et très peu à ces programmes.

Etes-vous en faveur d’accroitre le financement municipal des programmes qui facilitent l’intégration économique des immigrants francophones à Toronto?  Oui [], Non []. Commentaire :

 

7. Maison de la francophonie

Toronto compte quelque 125 organismes et entreprises francophones. Ces organismes sont dynamiques mais dispersés à travers toute la ville. Un tel éparpillement complique l’accès aux services en français pour les citoyens, crée des couts d’opération supplémentaires et réduit la visibilité des Francophones de Toronto.

Depuis 2006, plusieurs acteurs clés (RDÉE Ontario, Collège Boréal, ACFO-Toronto, Centre francophone, etc.) veulent se réunir sous un même toit pour créer la Maison de la francophonie de Toronto. Cet espace permettrait d’offrir un guichet unique de services en français, de réaliser des économies d’échelle et de mettre en valeur la culture francophone. D’excellents résultats ont été obtenus à Vancouver, Edmonton, Winnipeg et Hamilton avec des centres de ce genre.

La Maison pourra s’autofinancer une fois inaugurée, mais le cout d’achat de l’immeuble est évalué à 25 millions $. Les promoteurs viennent de lever 100 000 $ auprès de la communauté et les promoteurs demandent maintenant une contribution des trois paliers de gouvernement. Par exemple, la Ville de Toronto pourrait fournir une subvention ou une exemption de taxes municipales.

Etes-vous en faveur d’une contribution de la Ville à la Maison de la francophonie de Toronto? Oui [], Non []. Si oui, quel type de contribution envisagez-vous :

 

8. Arts francophones

Les artistes francophones sont nombreux à Toronto et contribuent à la diversité, à la qualité de vie et à l’attrait touristique de notre ville. De plus, la communauté francophone soutient de nombreux diffuseurs dans le domaine du théâtre (Théâtre français de Toronto, Tangente, Canafrique, les Indisciplinés), des arts visuels (Le Laboratoire d’Art, Galerie Céline Allard, Galerie Glendon, Galerie Pierre-Léon), de la littérature (Éditions du GREF, Salon du livre), du cinéma (Cinéfranco) et de la musique (Franco-Fête, Alliance française, Francophonie en Fête, Festival Kompa Zouk).

En 2013, seulement quatre de ces organismes ont reçu des subventions du Conseil des Arts de Toronto et ils obtenaient à peine 1% du budget d’allocations, ce qui ne reflète pas l’importance des Francophones de Toronto. Il est plus difficile pour les diffuseurs francophones d’obtenir leur juste part de fonds publics puisqu’ils doivent faire compétition avec les diffuseurs qui œuvrent dans la langue de la majorité.

Cette réalité est reconnue par le Conseil des Arts de l’Ontario et par le Conseil des Arts du Canada, lesquels ont créé des programmes et des mécanismes d’équité ciblant spécifiquement les arts francophones. Malheureusement, le Toronto Arts Council n’a pas de programme équivalent.

Appuyez-vous la création d’un programme pour les arts francophones au Toronto Arts Council? Oui [], Non []. Commentaire :

Une réflexion sur “Élections municipales à Toronto: les enjeux francophones

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