Quels candidats municipaux appuient les Francophones?

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Causerie donnée lors d’un souper-causerie de l’ACFO-Toronto au Bistrot 92 le mardi 7 octobre 2014.


Bonsoir!

Les élections municipales auront lieu le 27 octobre prochain. Cette campagne est le moment idéal pour faire valoir nos intérêts comme Franco-torontois. Puisque vous êtes ici, vous savez déjà que les décisions de l’hôtel de ville nous affectent directement. Pour survivre et s’épanouir pleinement:

  • Nous avons besoin d’élus qui connaissent nos organismes et offrent des services en français dans leur bureau de quartier;
  • Nous avons besoin d’un mandat élargi pour le comité français de la Ville;
  • Nous avons besoin de la collaboration de la ville pour aider les immigrants francophones à trouver des emplois;
  • Nous avons besoin que la ville contribue au projet de Maison de la francophonie;
  • Nous avons besoin que le Toronto Arts Council crée un programme pour les arts francophones;
  • Nous avons besoin d’accélérer les permis municipaux pour nos écoles;
  • Nous avons besoin de documents en français sur le site web de la ville, afin que nous puissions avoir un accès égal à l’information sur les élections, la santé publique, le logement social, et le paiement des taxes et des contraventions.

Le taux de participation est généralement bas à Toronto (seulement 53% en 2010) et les sondages indiquent que la course sera serrée. Cela signifie que les 60 000 Francophones et 1,2 millions de Francophiles d’ici détiennent une influence considérable. Notre vote compte. Appuyons les candidats qui nous appuient!

 MÉTHODOLOGIE

Mais comment s’y retrouver lorsqu’il y a plus de 350 candidats?

En mai 2014, l’ACFO-Toronto a décidé de sonder les candidats et m’a demandé de plancher sur la question. Après avoir préparé une liste d’enjeux, l’ACFO-Toronto a consulté la communauté et organisé un forum public radiodiffusé à l’émission Pot Pourri de CIUT 89.5. Neuf enjeux prioritaires ont finalement été retenus.

Nous avons ensuite contacté les 328 candidats enregistrés en leur faisant parvenir un questionnaire dans les deux langues. Ils ont ainsi eut la chance de réfléchir sur les enjeux qui nous tiennent à coeur et de prendre position.

Les candidats au poste de maire ont fait l’objet d’une attention particulière. Par example, le bureau de monsieur John Tory a reçu quatre courriels, deux appels téléphoniques et quatre invitations sur Twitter. Malheureusement, le candidat en tête des sondages a choisi de s’abstenir.

Avec l’aide de Nadia Edwards, une auxiliaire de recherche à Glendon, nous avons compilé les réponses et noté chaque candidat. Si les détails méthodologiques vous intéressent, vous trouverez tous les documents pertinents sur le site web de l’ACFO-Toronto.

RÉSULTATS

Mais parlons plutôt des résultats ! Voici les notes accordées à 8 candidats au poste de maire, en allant des cancres aux meilleurs élèves :

  • F (refus de répondre) = Doug FORD et John TORY
  • E = Jon KARSEMEYER, Erwin SNIEDZINS et Dave McKAY
  • D+ = Peter TRAMOV
  • A = Ramnarine TIWARI, James DALZELL et Josh RACHLIS
  • A+ = Olivia CHOW

Sur le site web, vous pourrez aussi trouver les réponses et les notes de 35 candidats au poste de conseiller municipal, quartier par quartier. Est-ce que certains de ces candidats sont parmis nous ?

Notons que 6 conseillers sortants ont répondu: Ana BAILAO (A), Raymond CHO (B+), Sara DOUCETTE (A), Chin LEE (B+), Joe MIHEVC (A) et Kristyn WONG-TAM (A).

Certains quartiers semblent particulièrement propices à la communauté franco-torontoise, et je vous invite à leur porter attention:

  • Parkdale-Highpark (13): candidate sortante pro-francophone Sarah DOUCETTE et candidat aspirant parlant français Taras KULISH
  • Eglinton-Lawrence (16): deux candidats aspirants francophones (Thomas GALLEZOT et Jean-Pierre BOUTROS)
  • Davenport (18): une candidate sortante pro-francophone (Ana BAILAO) et un candidat aspirant pro-francophone qui parle français (Alex MAZER)
  • Trinity-Spadina (20): quatre candidats pro-francophones dont l’une (Kat SHERMACK) parle aussi français
  • Toronto-Centre (27) est le coeur institutionnel de la communauté franco-torontoise, puisqu’on y trouve l’Office des Affaires francophones, TFO, la Paroisse Sacré-Coeur, le Centre francophone (pour l’instant), le Collège français, etc. On y trouve une candidate sortante pro-franco (Kristyn WONG-TAM) et un candidat aspirant francophone (Pat ROBERGE).

RÉSULTATS PAR ENJEUX

Langue du candidat

Au total, 12 candidats répondants disent pouvoir parler français. Nous savons qu’il y en a d’autre, mais ils n’ont pas répondu au questionnaire. Par exemple : Alejandra BRAVO, Dave ANDRÉ, Jean-Pierre BOUTROS et Taras KULISH. Est-ce que l’un d’entre eux sera élu? Aurons-nous au moins un conseiller municipal capable de nous comprendre à l’hôtel de ville? La réponse dépend, en partie, de notre mobilisation ce 27 octobre.

Mention spéciale à Olivia CHOW (mairie), Luke LAROCQUE (Q5), Thomas GALLEZOT (Q16), Kat SHERMACK (Q20) et Jennifer McKELVIE (Q44) pour avoir pris la peine de répondre en français.

Personnel bilingue

« Si vous êtes élu, embaucherez-vous un directeur des communications (ou un adjoint de circonscription) qui peut communiquer avec les Francophones de Toronto dans leur langue? » Oui 59 %, Non 41 %

Engagement communautaire

«Avez-vous déjà assisté à au moins une activité d’un organisme francophone ou rencontré au moins un leader d’organisme francophone?» Oui 45 %, Non 55 %

Représentation à l’hôtel de ville

Après 30 ans d’existence, le Comité français de la ville de Toronto (CFVT) a été aboli par décision du Maire en 2011. Avec la disparition du CFVT, la communauté perdait sa voix à l’Hôtel de Ville. Elle ne pouvait plus être consultée sur les services en français qui sont financés par la province mais qui sont fournis par la ville de Toronto.

En décembre 2013, le Conseil municipal s’est doté d’un nouveau sous-comité consultatif francophone. C’est un pas dans la bonne direction, mais le sous-comité servira surtout à suivre les activités de Toronto au sein de l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO). Pour que les Francophones de Toronto soient efficacement représentés, le sous-comité devra être maintenu par le prochain Conseil municipal, son mandat devrait être élargi et ses réunions devraient être plus fréquentes. «Appuyez-vous le maintien du sous-comité consultatif francophone et l’élargissement de son mandat?»  Oui 89 %, Non 11 %

Traduction française des documents essentiels

La Ville de Toronto ne diffuse en français qu’une infime proportion de ses documents d’information, ses formulaires et son contenu web. Ainsi, les Francophones de Toronto n’ont accès à aucune ressource dans leur langue sur des sujets aussi important que la participation aux élections municipales, la santé publique, le logement social, le paiement des taxes ou des contraventions, les procédures et formulaires du Provincial Offences Court et du Toronto Licensing Tribunal. «Appuyez-vous la traduction en français des plus importants documents municipaux touchant les services les plus essentiels pour les citoyens ?» Oui 90 %, Non 10 %

Immigration francophone

«Etes-vous en faveur d’accroitre le financement municipal des programmes qui facilitent l’intégration économique des immigrants francophones à Toronto?»  Oui 78 %, Non 22 %.

Maison de la francophonie

Depuis 2006, plusieurs acteurs clés (RDÉE Ontario, Collège Boréal, ACFO-Toronto, Centre francophone, etc.) veulent se réunir sous un même toit pour créer la Maison de la francophonie de Toronto. Cet espace permettrait d’offrir un guichet unique de services en français, de réaliser des économies d’échelle et de mettre en valeur la culture francophone. D’excellents résultats ont été obtenus à Vancouver, Edmonton, Winnipeg et Hamilton avec des centres de ce genre.  «Etes-vous en faveur d’une contribution de la Ville à la Maison de la francophonie de Toronto?»  Oui 74 %, Non 26 %

Arts francophones

«Appuyez-vous la création d’un programme pour les arts francophones au Toronto Arts Council?»  Oui 71 %, Non 29 %

Écoles francophones

«Seriez-vous d’accord d’explorer des moyens par lesquels la Ville de Toronto pourrait accélérer le processus d’obtention des permis nécessaires pour ces travaux de construction et de rénovation?» Oui 81 %, Non 19 %

CONCLUSION

D’un enjeu à l’autre, le degré d’appui des candidats varie significativement. La consolidation du Comité français, la traduction des documents municipaux importants et l’appui aux écoles sont largement soutenus par les répondants, et devraient peut-être inspirer les prochaines campagnes de l’ACFO-Toronto et de la communauté.

En revanche, il semble plus difficile de convaincre les candidats que leur propre adjoint devrait pouvoir parler français. Il y a probablement un effort d’éducation politique à faire à ce chapitre. Par exemple, l’ACFO-Toronto pourrait encourager les Francophones communiquer en français lorsqu’ils contactent la Mairie et le bureau de leurs conseillers municipaux.

J’aimerais vous laisser avec quelques questions pour alimenter vos discussions pendant le repas. La communauté devrait-elle se rallier à l’un des candidats à la mairie? Si oui, lequel ?

Trois principaux candidats s’offrent à nous. Il y a d’abord monsieur Doug FORD, qui a ignoré le questionnaire et présente des politiques semblables à celles de son frère, responsable de l’abolition du Comité français de la Ville. Il n’a rien fait pour mériter la confiance des Francophones.

À l’opposé, madame Olivia CHOW s’est donnée la peine de répondre en français, de rencontrer le Conseil d’administration de l’ACFO-Toronto, et de se positionner favorablement sur tous les enjeux.

Finalement, il y a monsieur John TORY, une énigme, puisqu’il n’a jamais été élu et qu’il a refusé de prendre position. Comme les sondages lui donnent l’avantage et que les questions identitaires lui ont déjà coûté une élection provinciale, il a peut-être évité de prendre des risques. Comme maire, il pourrait se montrer favorable à la communauté, mais son silence n’est pas rassurant.

La communauté doit-elle se rallier à Oliva CHOW, la candidate la plus clairement francophile? Devrait-on miser sur John TORY, un candidat qui nous demande un chèque en blanc, mais qui semble avoir de meilleures chances de barrer la route à Doug FORD? Et parlant de monsieur FORD, notre communauté minoritaire peut-elle risquer de s’aliéner un candidat qui pourrait bien devenir le prochain maire de Toronto?

Bien entendu, les enjeux francophones ne sont pas les seuls à considérer. La position des candidats sur le transport en commun, le développement sauvage des condos et la racialisation de la pauvreté comptent aussi. À chacun de soupeser et de décider le 27 octobre.

Merci et bon appétit !

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